SEIZIÈME CHAPITRE

 

LES PRÉPARATIFS

 

 

   Revenons au roman destiné à amener certains à suicider François. Il tira de ses archives quelques nouvelles et ébauches de récits propres à être utilisées pour son projet. Il trouva, aussi, un sonnet qu'il avait écrit il y a fort longtemps. Un devoir de français quand il était au lycée en troisième. Il le lu avec émotion et nostalgie. Il constata, aussi, qu'en ce temps il écrivait de façon à ce que l'on puisse le lire sans effort. Bien sûr ce poème n'avait rien d'offusquant, pourtant il décida de l’insérer dans son recueil de nouvelles. Au début, à la fin ? Voici la copie qu'il en fit François en s'appliquant de son mieux pour écrire (avec patience et difficulté) :

 

Valse

 

Dans son bel uniforme, un grand sabre au côté

D'allure élégante, l'officier d'ordonnance

Danse et il tourne vire et valse avec prestance

Il a déjà oublié la victoire et le traité

 

Timide et rougissante, elle est toute en beauté

C'est son premier bal ! Pour garder la cadence

Son brave cavalier la mène avec aisance.

Ce tourbillon rythmé la met bien en gaîté.

 

Les gais violons chantent, la cithare plaisante,

Les flûtes sifflotent, la musique est grisante.

Sous le ciel étoilé le fier Danube bleu

 

De son œil bienveillant regarde danser Vienne

Et roule dans ses flots des deux danseurs heureux

Le joli sourire dans la très longue plaine.

 

  Il était loin d'être parfait ce poème, mais il y tenait !

   Puis il fit le tri pour trouver les sujets qui fâchent suffisamment pour amener certains lecteurs à vouloir le trucider, et dans quels domaines trouver ce genre de lecteurs. Il fit une liste alphabétiques des domaines qui pourraient exaspérer sérieusement les lecteurs concernés jusqu'à aller lui en vouloir à mort et mettre à exécution ce désir de meurtre. Comme il avait déjà assez peiné pour transcrire le sonnet il tapa sur sa machine à écrire, sa bonne vieille Japy, tout ce qui lui venait à l'esprit. Son intention était d'établir une liste alphabétique, avec des annotations.Voici le début de ses cogitations qui servirent de base pour la suite de son travail:

A : amour, argent ? Non, certes, on tue pour cela, mais pas suite à la lecture d'une nouvelle. Avocat , à mettre dans mafia.

B : banditisme, Le banditisme, avec ses multiples activités, prostitution, trafics de drogues, contrebande et autres activités plus profitables aux maffieux qu'aux simples citoyens , à classer dans mafia.

C : communisme. grand risque., non, en voie de disparition.

Corse, sujet possible, mais ils ne se tuent qu'entre eux et ne font que des dégâts matériels  en ce qui concerne les métropolitains.

D : drogue, aussi à classer dans mafia.

E : Eglise. A mettre dans religion, et pourquoi pas maffia

F : Fisc. Non, pas de risque de se faire tuer, mais risque d'un contrôle fiscal dont le résultat serait négatif mais ferait perdre du temps à l'administration et à moi-même.

G : gangster, à classer dans maffia.

H : homme politique, sujet très sensible, mais qui comme « avocat » ne présente pas un danger mortel à caser dans maffia ?

I : Islam. A classer dans religion, secte et même maffia ?

J : Journaliste. Je ne peux pas attaquer mes confrères puisque je le fut longtemps. Mais certains seraient à classer dans la catégorie des emmerdeurs

K : ku klux klan : aurait dû être classé dans connerie. A étudier sérieusement.

L : Idiot : à mettre dans politique ? Religion ?

M : Maffia : là il y a de quoi faire. Militaires ?

N : Notaires. Pas toujours honnêtes (comme Avocats). Dangereux pour le moral pas pour la vie.

O : Connerie. Existe partout 

P : politique. matière intéressante à aborder, autrement dangereux. Avec ses membres suicidés au bord d'un canal, dans un ruisseau ou dans un bureau du palais présidentiel, serait une matière intéressante à aborder. Étudier ceux qui ont été suicidés.

Q : Rien trouvé

R : Racisme, religions (à classer dans secte). Il est banal de dire que les religions sont à l'origine de nombreux crimes, mais, malheureusement, c'est pourtant vrai.

S : Sport. A éliminer : pas de connaissance en la matière, pas d'intérêts, sinon que certaines pratiques sportives se rapprochent assez du banditisme, voir de l'esclavagisme : quand un club de football transfère un joueur à un autre club, n'est ce point un trafic d'être humain ? Rares seront les supporters capables de lire et comprendre mes écrits.

Sécurité sociale : voir trou.

T : Trou: depuis de très nombreuses années on nous rabâche que la Sécurité Sociale est en déficit. On parle d'un trou financier que les cotisations n'arrivent pas à combler ! Donc, nouvelles taxes, augmentations, et autres nouveautés fiscales sont créées pour régler le problème, sans succès d'ailleurs. Mais, réfléchissons, si on n'arrive pas à combler un trou, c'est qu'il est sans fond. Cela veut dire que l'argent versé ne s'entasse pas dans ce trou. Heureusement, car cet argent profite au corps médical, aux laboratoires pharmaceutiques et autres intervenants dans le domaine de la santé; cela augmente leur pouvoir d'achat, ainsi que celui des patients. En conclusion le trou de la Sécurité Sociale est utile, voir indispensable au bon fonctionnement de notre économie. Pourquoi ces messieurs et mesdames nos dirigeants, se cassent la tête pour essayer de le combler :inutile de chercher de nouveaux moyens (genre grands travaux) pour palier la faiblesse de notre économie , alors qu'il y a un outil déjà existant, simple, qui a fait ses preuves  ! Bonne réflexion, mais sujet peu enclin à inciter au meurtre.

U : Utopie. à éliminer

V : Vendetta. Voir Corse.

W : Rien trouvé. Si, dans les waters publics il n'y a jamais assez de papier pour s'essuyer correctement les fesses !

X : xénophobie. A mettre dans racisme.

Y : Rien trouvé.

Z : Rien trouvé.

 

   Il n'est pas question de vous communiquer la vingtaine de feuillets de ce travail qui l'occupa pendant pas mal de temps ; ne courrons pas le risque de s'attirer les foudres des religions, partis et hommes politiques, sociétés, syndicats... enfin tous ceux qu'il prit pour d'éventuelles cibles.

 

 

 

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