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Gilbert et Véronique devaient être enterrés à Champy. La maman de Gilbert s’était empressée, après la fin tragique de son fils et de sa belle-fille, de retourner dans son village natal ; elle y avait encore une maison ; ses parents et grands parents étaient inhumés dans l’ancien cimetière ; et surtout il y avait de la place pour deux dans le caveau familial des Garcin. Gilbert et Véronique avaient quelquefois exprimé leur intention de se faire incinérer s’ils venaient à mourir ; étant encore relativement jeunes ils n’avaient pas confirmé cette volonté par écrit. En conséquence madame Garcin mère, plus portée sur le Catholicisme que l’écologie avait cru bon de ne pas tenir compte de cette volonté exprimée d’une manière informelle, d’autant plus qu’elle estimait que ce n’était pas sérieux pour des adeptes de la nature que de se faire incinérer et priver ainsi la terre de ce qui devait lui revenir après notre mort. Bien avant leur décès, un ami des Garcin leur fait la réflexion que ce n’était pas résonner écologiquement que de vouloir se faire brûler car cela entraînait une pollution atmosphérique certaine ! Gilbert et Véronique n’avaient pas apprécié ce genre de remarque qui n’était en fait qu’un trait d’humour de la part de cette relation.

 

Comme ils étaient très connus dans la région à cause de leurs actions dans le mouvement écologiste et encore plus à Champy par leur goût de l’érotisme sylvestre, le maire prévoyait un afflux de monde, moitié curieux, moitié compatissant. Il avait donc demandé à son garde-champêtre, Philippe Grandin, d’assister cette pauvre madame Garcin qui avait bien besoin d’aide pour régler les problèmes occasionnés par ces décès.

 

Afin d’organiser la cérémonie religieuse, Philippe avait pris rendez-vous, avec madame Garcin, chez monsieur le curé. Ce dernier, l’abbé Riollon, était un brave et vieux curé de campagne, qui, depuis une cinquantaine d’année, prêchait la bonne parole. Quant il était sorti, tout jeune, du séminaire, pour s’installer à Champy, il n’avait que la paroisse de ce village en charge. Mais le temps avait passé et maintenant sa fonction s’étendait sur cinq communes. A plus de soixante-quinze ans il avait une activité débordante ; il organisait mariages, baptêmes, communions et enterrements sans montrer la moindre fatigue. Certes, il n’y avait plus foule, comme avant, lorsqu’il célébrait la messe, mais il était aimé et admiré, même par les non pratiquants et les athées ; par sa bonté, sa gentillesse et sa fermeté, il avait exercé une influence positive en faveur de la religion. Voici ce que Philippe disait de lui : « Notre Curé, ce n’est pas un feignant, c’est un homme de terrain, d’ailleurs il est trop bien pour aller se vautrer dans un fauteuil à l’évêché, il n’est pas fait pour la gloire et les honneurs parce qu’il est l’Honneur. A lui seul il vaut bien deux papes cinq archevêques et vingt évêques ».

 

Donc, Philippe se rendait à la cure qui était assez éloigné de l’église ; en fait, monsieur le curé avait installé le presbytère dans une maison loin du centre de Champy et de l’église afin d’avoir un meilleur accès à ses autres paroisses et de faire comprendre qu’il n’était pas le curé de Champy, mais celui des cinq communes dont il avait la responsabilité.

 

Philippe avait décidé d’y aller à pied ; le temps était splendide et donnait à la campagne un air irréel de tableau impressionniste ; cela lui permettait aussi de jeter un œil alentour et de vérifier si tout était conforme à ses idées sur la tenue d’un village : pas de détritus sur les trottoirs, pas de voiture épave, des panneaux de signalisation en place et lisibles, enfin tous ces détails qui différencient le village de la zone. A mi-chemin il longea le verger de Monsieur le Comte. On ne savait pas trop pour quelle raison l’actuel comte tenait à cette parcelle de terre, peu productive, laissée presque à l’état sauvage et non attenante au domaine du château ; il aurait pu la vendre à un promoteur immobilier pour un bon prix. Avait-il des projets plus ambitieux ou bien obéissait-il à la volonté de son père, mort depuis quelques d’années, de ne jamais se séparer de ce terrain qui était lié à l’histoire de sa famille, de la région et même de la France ?

 

A l’origine le Château de la Haute-Maison était une ferme fortifiée exploitée par des templiers. Leur vaste domaine, incluant six villages, était géré avantageusement par ces chevaliers aussi capables dans le maniement des armes que celui des instruments agraires. Lorsque Philippe le Bel commença à s’intéresser à cet ordre religieux devenu trop riche et trop puissant à ses yeux, le commandeur de la Haute-Maison prit quelques précautions afin de préserver l’avenir. Il s’empressa de faire passer une partie du trésor de sa communauté au Portugal ; il fit aussi creuser un souterrain partant du corps de la ferme et débouchant à moins d’une demi-lieue en pleine nature. Il n’eut pas à regretter ces mesures qui permirent à la majeure partie de ses compagnons de s’échapper de la ferme lorsque Philippe le Bel donna ordre de confisquer le domaine de la Haute-Maison et de juger ses membres. La plupart de ces derniers se retrouva sous le soleil méridional et non pas dans les flammes d’un bûcher !

 

Ensuite, vers 1540, la ferme de la Haute-Maison et ses terres devinrent la propriété de Claude d’Aureillhac. Un de ses grands pères, seigneur en Auvergne, avait reçu ce bien en récompense pour avoir servi les rois Charles VII, Louis XI et Charles VIII comme secrétaire, maître des Comptes et général des Finances. Ce cadeau n’avait guère coûté à la couronne de France, d’autant plus que, depuis la fuite des templiers, les terres avaient été laissées plus ou moins en friche par les paysans qui ne sachant plus qui était le maître ne cultivaient que pour leurs propres besoins.

 

Claude d’Aureillhac avait fréquenté quelques personnages aux idées nouvelles et surtout contestataires envers l’Église et la noblesse. Il avait ainsi acquis certains principes humanitaires. D’abord, à son avis, il était certain que ses ancêtres n’étaient à l’origine que des chefs de bandes qui s’étaient montrés les plus forts et cela surtout par des moyens brutaux. Ensuite, il n’était que le dernier receleur de ce domaine dont il avait hérité, mais qui en réalité provenait d’un acte de vol de la part de Philippe Le Bel. De plus il estimait devoir protection à tous les gens qui vivaient et travaillaient sur ses terres, car c’était grâce à eux qu’il disposait d’une certaine opulence. Enfin, il avait appris, pour l’avoir constaté à de nombreuses reprises, que les meilleurs serviteurs étaient ceux qui respectaient leur maître, non par peur, mais par reconnaissance.

 

En conséquence, Claude d’Aureillhac considérait qu’en tant que seigneur et maître il était dans l’obligation d’agir au mieux pour le bien de tous. Aussi protégea-t-il ses serfs et toutes les personnes vivant sur ses terres contre les agressions extérieures. Il fit de son fief un lieu de paix où bandits, pillards et écumeurs de toutes sortes se retrouvaient pendus haut et court, s’ils n’étaient pas assez rapides pour fuir loin du domaine de la Haute-Maison.

 

De même, s’insurgeait-il contre toutes levées d’impôts exagérées ou injustifiées. Que son souverain demandât des subsides pour guerroyer contre un envahisseur quelconque ou conquérir de nouvelles provinces, Claude d’Aureillhac acceptait. Mais il veillait à ce que cette contribution fût raisonnable et supportable. En revanche, toutes charges destinées à renflouer le trésor royal mis à sec par trop de dépenses inconsidérées et inutiles, le mettaient dans une fureur terrible. Il faisait seller son destrier le plus rapide, l’enfourchait aussitôt pour aller dire au roi ce qu’il en pensait et comment il allait réagir si une telle injustice était maintenue.

 

C’est auprès de François 1er qu’il intervint pour la première fois. Ce dernier avait créé une nouvelle taxe dont le but inavoué était de renflouer les finances du royaume allégées par des dépenses somptuaires en fêtes, en cadeaux à sa favorite et ses autres maîtresses et en la construction d’une nouvelle résidence au bord de la Loire. Le comte se montra désagréable avec le roi ; il insista sur le fait que son comté était l’un des principaux fournisseurs de Paris en nourriture, chevaux et autres produits indispensables à la vie d’une cité. Si ses gens devaient encore acquitter un nouvel impôt, ils n’auraient plus ni le cœur, ni la force pour cultiver le domaine, ainsi, la ville n’aurait plus qu’à s’approvisionner ailleurs. Pour en rajouter, le comte sous-entendit qu’il serait à même d’entraîner avec lui d’autres seigneurs de la région. Enfin, il fit quelques remontrances au monarque en ce qui concernait ses dépenses inutiles et non constructives pour le royaume. François Ier se fatigua tant et si vite de la présence d’un vassal si braillard qui exposait ses griefs devant tous, qu’il le renvoya au bout de trois jours, après lui avoir promis une exemption exceptionnelle de charges pendant quelques temps. Sa favorite, la duchesse d’Étampes avait bien proposé de faire disparaître cet impertinent par le poison ou le poignard, mais le roi trouva que ce n’était pas approprié et aurait pu être mal interprété et, surtout, il ne voulait pas se mettre à dos la famille d’Aureillhac qui fournissait d’excellents soldats à son armée. En effet, sur les terres d’Aureillhac, tout homme qui se montrait plus porté sur la bagarre que le travail, était équipé et envoyé dans les troupes royales. Ainsi la région était débarrassée des fauteurs de troubles.

 

Après la mort de François Ier, Claude d’Aureillhac dut, de nouveau, intervenir auprès d’Henri II. Là, encore, il obtint gain de cause. Certains courtisans prétendirent que Henri II avait été si traumatisé par les récriminations de son vassal qu’il fit passer le message de s’arranger pour ne plus être obligé de subir la présence d’un seul membre de cette famille exaspérante. Il semblerait que ses successeurs tinrent compte de cet avertissement et, si, par la suite, un Aureillhac était convié à la cour cela n’était jamais pour une question de finances.

 

Les principes de ce fameux comte furent appliqués par ses descendants. Cela ne permit pas d’éviter les disettes, les abus de pouvoir, les méfaits des guerres et autres maux, mais en réduisit les effets néfastes pour les habitants du domaine. Par exemple, le souterrain construit par les templiers protégea aussi bien catholiques que protestants quand l’un de ces deux partis s’en prenait à l’autre. Il n’était donc pas étonnant que la famille d’Aureillhac fût appréciée, donc respectée et honorée par toute la population. Pendant la Révolution, Robespierre ou Danton ou on ne sait trop quel soit disant républicain donna l’ordre d’emprisonner ces nobles vraiment trop bien estimés. Les paysans, alertés, s’empressèrent de prévenir les habitants du château de la Haute-Maison. Les troupes républicaines ne trouvèrent qu’une demeure vide : les membres de la famille d’Aureillhac s’étaient enfuis par le passage secret pour se rendre dans le verger. De là, aidés par la population ils échappèrent à la guillotine. Quand la situation le permit ils récupérèrent une partie de leurs biens, dont le château et des terres aux alentours.

 

Lors de la réédification du château, vers mil huit cent quatre-vingts, le souterrain avait été partiellement comblé et le passage secret supprimé. Du moins c’est ce qu’affirma le représentant de la famille d’Aureillhac de l’époque. Quand il était encore gamin Philippe croyait en l’existence de ce passage, comme il avait cru au Père Noël. Il chercha, mais ne trouva aucun accès à une galerie lors de ses incursions en ce lieu. Il y avait bien, au fonds du terrain, une petite bâtisse qui servait à ranger des outils. Il y avait bien, sous cet abri, une sorte de cave, plus vaste que le bâtiment lui même ; pour y accéder il suffisait de soulever une trappe de bois bien visible sur le sol en terre battue. Un escalier de meunier, très raide descendait dans grande une pièce souterraine. Pendant longtemps cet endroit avait servi de refuge nocturne à un vagabond, Charlot. Mais il avait été aussi utilisé par le père de l’actuel comte pour cacher armes, vivres et quelquefois hommes, pendant l’occupation allemande : il était chef du réseau de résistance de la région avec son ami le père Caillaud comme bras droit.

 

Durant cette période, Charlot en avait été le gardien : lors d’un séjour de plus d’une année en Allemagne, il avait remarqué qu’un bon nombre de ses habitants avait une certaine crainte des aliénés mentaux. Charlot avait donc adopté un comportement propre à les effrayer. Il faisait semblant d’être fou, pas dangereux, mais inquiétant ; il gesticulait en marchant, brandissant sa canne, s’en servait de fusil, de baïonnette, de sabre tout en criant « À l’assaut ! On les aura ! Chargez ! » Ce, aussi bien en français qu’en un parfait allemand, comme s’il était toujours dans les tranchées. Cette attitude effrayait les occupants qui évitaient de venir roder dans le coin. Charlot redevint normal une fois Champy libéré ! Philippe se demanda ce qu’était devenu cet étrange personnage qui, un jour, vers la fin des années cinquante avait disparu du pays.

 

En tout cas, si Philippe, quand il était gamin, avec d’autres garnements, avait recherché le fameux passage secret, sans succès, il avait visité régulièrement cet immense verger, surtout, à la recherche de pommes, de poires, de pêches et de prunes. Lors de ces commandos, le risque n’était pas de se faire prendre, car Monsieur le Comte admettait que les enfants grappillent quelques fruits, mais celui que ces derniers ne fussent pas encore mûrs ; car dans les heures qui suivaient ce genre d’expédition ses camarades et lui se retrouvaient avec une diarrhée carabinée. Philippe se remémora ces formidables coliques qui vous transformaient l’anus en pomme d’arrosoir. Mais ses copains et lui ne pouvaient pas attendre que les fruits fussent à maturité, parce que, quand ils l’étaient, c’était déjà la rentrée scolaire et ils n’avaient plus le loisir de traîner dans la campagne. Il n’était pas question d’y aller le dimanche à cause des parents qui avaient le temps d’être sur leur dos et le jeudi, à cause du catéchisme et du patronage. L’abbé Riollon, qui, s’il était du genre à bien vous expliquer la différence entre un orme et un peuplier, n’était pas de celui à se faufiler sous les barbelés pour aller piquer des fruits ! Maintenant le verger était vide de présence humaine : cela s’entendait aux piaillements des oiseaux de toutes sortes qui s’en donnaient à cœur joie et que deux pies, telles des gendarmes dépassés par les événements, n’arrivaient pas à mettre au pas. Les gosses du coin ne refaisaient plus les mêmes bêtises ; leurs activités étaient différentes. Télévision, jeux vidéo, tennis et autres occupations leur évitaient les instants passés à se vider les intestins, perdus pour l’amusement.

 

Philippe était satisfait car tout était normal. Il arriva enfin chez monsieur le curé. Madame Garcin était déjà présente. Elle semblait surmonter avec courage son deuil, mais elle ne participa guère aux préparatifs de la cérémonie ; en réalité elle avait hâte de se retrouver chez elle, avec ses petits-enfants, loin de ces problèmes d’organisation. Elle quitta le presbytère peu de temps après l’arrivée du garde champêtre, laissant aux deux hommes le soin de s’occuper de tout. Philippe profita de l’absence de la brave femme pour raconter au curé sa brève rencontre avec Jean, ses entrevues avec le gendarme de Saint Georges-Les-Bains et les soupçons qui en découlaient. Il lui expliqua même qu’il avait téléphoné au brigadier la veille au soir. Ce dernier avait contacté ses collègues de l’île d’Oléron et attendait le résultat de leurs recherches.

 

– Philippe, dit alors le curé, je vais te faire part de ce que Jean m’a confié peu de temps après la disparition de sa famille. Comme ce n’était pas lors d’une confession je peux me permettre de te le répéter, cela pourrait servir à une enquête et éviter peut être d’autres morts, mais je te recommande quand même d’être discret : « Monsieur le curé, m’a-t-il expliqué, je suis fermement décidé à venger ma famille. Non pas pour que ce que je viens de subir ne recommence pas, mais parce que j’en veux à ceux qui ont participé à la perte des miens et qui ne m’ont même pas dit un mot d’excuse, d’autant plus qu’ils n’ont agi que pour des histoires de gros sous. Je n’irai pas attenter à la vie de ceux qui sont venus me voir en me disant qu’ils regrettaient ce qui venait de se produire, qu’ils me demandaient pardon, si je le pouvais, et qu’ils se sentaient coupables. En fait, ceux là étaient les plus sincères dans leur engagement ; ils ont agi plus par sentiment de voir disparaître un endroit appartenant à leur passé. A ceux là je pardonne, mais pas aux autres.

 

Je ne demande plus justice ; la justice n’a pas accepté ma plainte ; j’en suis donc réduit à rendre ma propre justice. Non ! Disons que maintenant je vais simplement me venger ! Je sais très bien que vous allez me reprocher de vouloir tuer. Je pense que Dieu me comprend, je pense qu’Il me pardonnera, car je vais tuer, mais, comme d’autres l’on fait ou fait faire sous des prétextes divers : guerres, inquisitions, résistances et toutes les soi-disant bonnes raisons que donnent ceux qui ont le pouvoir pour torturer, tuer et forcer les peuples en des combats aussi mortels que stupides. Quand on pense que Jeanne d’Arc a été sanctifiée parce qu’elle a porté les armes et trucidé quelques Anglais, on ne voit pas pourquoi une poignée de cadavres peut vous destiner à l’enfer.

 

Je vous choque, Monsieur le curé, mais ne m’en veuillez pas ce n’est pas à vous que j’en veux. J’en veux à ceux qui font tout pour contrer le bonheur d’autrui, pour montrer qu’ils ont ou qu’ils sont le pouvoir, pour préserver leurs avantages, et qui de l’extrême droite à l’extrême gauche ne sont que des tyrans en puissance, de Gengis Khan à Staline, de Hitler à la majeure partie de nos hommes politiques. Ils violent les simples règles morales ; ils se réfugient derrière des lois qu’ils ont décrétées pour mieux les servir ; ils sont fiers d’eux-mêmes, ne connaissent ni la pitié, ni le remord et ne s’excusent pas des conséquences néfastes de leurs actes. Jusqu’à présent, comme tout le monde j’assistais et subissais, je n’avais pas trop de raisons pour intervenir dans cette lutte sournoise qui force les Hommes à se révolter, mais maintenant j’ai le mobile, le temps, l’argent et mêmes les victimes désignées !

 

Je n’irai pas dire que c’est Dieu qui me force à agir. Loin de moi cette idée stupide comme peuvent en avoir les inquisiteurs, les ayatollahs, les fanatiques qui prétendent être la main de Dieu. Ce n’est pas sérieux de leur part. Dieu n’a pas besoin des hommes pour accomplir Sa volonté. Il est assez Grand pour cela. Se dire être la main de Dieu c’est prétendre qu’Il est incapable d’agir par Lui même : c’est un blasphème qui rabaisse Notre Seigneur. Je vais donc agir de mon propre chef, assurer ma propre vengeance et si Dieu est contre, Il m’en empêchera. »

 

Il m’a quitté sur ces terribles paroles, que je ne te cite pas mot à mot, mais dans ce que j’en ai retenu, continua le curé. Et maintenant il est probable qu’il soit en train de se venger. Je crois, Philippe, qu’il serait indispensable de réunir ses éventuelles prochaines victimes pour les mettre en garde, même si nous n’avons que des soupçons.

                                                 A suivre

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